Accepter de s'ouvrir à soi en débutant une thérapie
Quand je dis à des inconnu.e.s que je suis hypnothérapeute j’entends souvent le discours suivant :
« Ah moi jamais je ferai ça, j’ai pas envie d’aller trifouiller là-dedans, ça me fait peur, je sais qu’il y a des trucs pas réglés mais je vis très bien comme ça ! », m’explique la personne qui a des problèmes d’eczéma, ou des troubles alimentaires ou bien des difficultés relationnelles.
Vous avez déjà ressenti, vous aussi, cette peur d’aller creuser, d’aller dans les profondeurs ?
Lorsque l’on souhaite entreprendre une thérapie, cette peur vient bien souvent nous attraper par le col, nous tirer en arrière ; et même si une partie de nous y va pieds en avant (ou pas), une autre part peut parfois freiner des quatre fers. Avec l’hypnose n’en parlons pas, comme on pense souvent qu’on va aller traficoter des truc sans notre consentement, la peur est encore plus grande.
Seulement voilà, ces choses que vous ne voulez pas contacter, c’est un peu comme une assiette de vieux restes que vous avez laissé pourrir dans votre frigo.
Ça moisi, l’odeur se repend un peu partout, et le moment où ça commence à être vraiment puant est souvent le moment que les gens choisissent pour pousser ma porte. Mais une fois dans le cabinet certaines personne vont se débattre pour ne surtout pas ouvrir le frigo(!!), de manière plus ou moins consciente. Mais ce plat qui moisi est pourtant en train de contaminer le frigo, et ce n’est pas parce qu’on a arrêté d’ouvrir le frigo (et commandé des pizzas tous les soirs) que le plat a disparu, bien au contraire, il continu sont petit bonhomme de chemin, les bactéries prolifèrent dans le plus grand des calmes, c’est le lâchage général dans le frigo, ce qui rend, bien sûr, la tâche de nettoyage plus délicate qu’au départ.
Il est clair que l’on est beaucoup à redouter le moment où il va falloir regarder ce truc en décomposition en face, sentir vraiment son odeur, jeter le tout à la poubelle (le corps en arrière les bras en avant, les yeux mi-clos), puis ensuite nettoyer cette assiette pleine de jus et de petits restes tout collés (glamour, non?). Mais ce moment là, ce moment un peu challengeant, est toujours suivi d’un soulagement, aah je l’ai enfin fait, je vais pouvoir aérer un peu mon frigo, et m’en servir à nouveau.
Je vais pouvoir de nouveau manger sainement, et même “croquer la vie à pleine dent”, parce que j’ai nettoyé ce vieux plat.
Donc oui parfois (et je dis bien parfois!) c’est un mauvais moment à passer, mais plus on attend, plus on s’en fait une montagne. Et non, les frigos magiques qui font eux même la vaisselle n’existent pas dans la vraie vie et les plats moisis ne disparaissent pas comme par enchantement si on y pense très très fort, et encore non, ce n’est pas à votre meilleur.e ami.e (votre, mère, votre chat, votre amoureux.se) d’aller nettoyer votre frigo à votre place.
Ce frigo, c’est votre corps, et votre corps, tôt ou tard, fini par parler.
Pour ce qui est de l’hypnose, les idées reçues ont la vie bien dure !
En hypnose humaniste c’est vous qui êtes au contrôle, c’est vous qui manipulez « les trucs dégoutants », qui les changez, qui en faites ce que vous voulez, vous êtes donc libre de les rendre aussi beaux et lumineux que vous le voudriez ou aussi éloignés ou détruits que possible, c’est vous qui voyez, qui sentez.
Il y a parfois des séances où l’on pleure (et qu’est-ce que ça fait du bien !) et puis aussi certaines ou simplement on se libère, on ramène de la légèreté, on ouvre sur de nouvelles perspectives, oui, il y en a même ou on passe notre temps à rire
et à raconter des blagues sur la loufoquerie de ce qui est en train de se passer !
L’hypnothérapie c’est tout ça, et pleins d’autre belle découvertes, sur soi surtout, sur la vie parfois.
Alors, avec un peu de bienveillance et d’amour pour soi, ne serait-il pas temps d’accepter de nettoyer les vieux plats de votre frigo, pour votre bien-être ?