Nous partageons des codes, des manières qui nous ont parfois été apprises explicitement : dire merci, dire bonjour, ne pas parler la bouche plein…
Et puis il y a tout l’implicite, les codes que nous ne partageons pas toujours, les croyances qui nous animent consciemment ou inconsciemment. Par exemple : “je ne peux pas dire non car on ne m’aimera plus si je le fais”, “je ne dois pas faire trop de bruit”, “je dois deviner ce que les autres pensent plutôt que de leur demander”.
Enfin, il y a tout ce que l’on ne sait pas, tout ce que l’on aurait dû apprendre tôt dans notre vie pour pouvoir y naviguer sainement et qui n’était pourtant pas ou peu présent. C’est de ces apprentissages dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui. Dans mon parcours d’accompagnée j’ai appris beaucoup de choses, en apparence “simples”, mais surtout utiles, qui nécessitent parfois un entrainement, mais ont fluidifié ma vie. Je me suis rendue compte dans mon parcours de femme et de thérapeute que beaucoup d’autres avaient aussi besoin d’entendre ces autorisations, ces réflexions. Je me suis dit que si elles pouvaient vous être utiles, il serait dommage de ne pas les partager.
Mon corps a toujours raison
Peut importe ce qu’il exprime, ce qu’il ressent, il gagnera toujours. Ce que je refuse d’écouter, mon inconscient trouvera un moyen pour me le faire entendre.
Je me rappelle d’un moment que j ‘avais prévu de passer du temps avec un ami, qu’ en réalité je n’avais pas envie de voir, j ‘avais dit oui pour lui faire plaisir. Mon corps me disait clairement “non” lorsque l’on m’a fait la proposition de ce café, j’ai choisi de ne pas écouter. Finalement le jour J, quelques heures avant le rendez-vous j ’ai été prise d’une intense fatigue qui m’a cloué au canapé, me rendant physiquement incapable de me rendre à ce rendez-vous. j ’ai donc appelé mon ami pour annuler, en lui expliquant que j ’étais exténuée, ce qu’il a entendu. A peine quinze minutes après l’appel je retrouvais toutes mon énergie, mon corps se sentait de nouveau “libre” de pouvoir faire ce qu’il voulait.
Il est normal de ne pas lâcher prise si je ne me sens pas en sécurité
Se sentir en sécurité n’est pas quelque chose que l’on peut choisir, c’est notre système nerveux qui décide s’il est dans un environnement sécurisant ou non. En l’écoutant nous pouvons agir sur notre environnement pour rendre ce dernier plus sécurisant, pour créer un cadre pouvant éventuellement permettre le lâcher prise.
Prenons un exemple : si je suis un lapin et que je perçois la présence d’un prédateur, un renard, dans les parages, je perçois la présence d’un danger. Il est alors impossible que je puisse lâcher prise / me détendre, puisque mon système doit rester en alerte pour être en capacité de fuir le danger. Il est nécessaire que je m’éloigne, que je change d’environnement pour pouvoir ne serait-ce que penser à me relaxer.
Pour un.e humain.e c’est la même chose, si mon système nerveux perçoit du danger (qu’il soit réel ou imaginé) je ne peux pas me détendre et lâcher prise car je dois rester en alerte. Il ne servira donc à rien de me répéter “il faut que je lâcher prise”, puisque cela ne se situe pas à un niveau mental, mais bien à un niveau corporel, beaucoup plus primitif.
Lorsque je dis non à l’autre, je me dis oui à moi
Dire non à une proposition c’est reconnaître que je peux me faire passer avant, mes envies, mes besoins sont plus importants que de répondre aux attentes des autres. En disant non à l’autre, je me laisse la possibilité de vivre ce que je souhaite vraiment.
Poser mes limites est au service du lien
Lorsque je dis stop à quelqu’un, je permets à la relation de continuer, je permets au lien de subsister.
Par exemple : si l’on me marche sur le pied et que je ne dis rien, je vais avoir mal, je vais potentiellement en vouloir à l’autre d’être sur mon pied, je vais instinctivement me couper de la relation en me coupant de la communication, ou bien en me coupant de mes ressentis. Dans ce cas, je ne peux pas être en lien avec l’autre. Par contre, si je lui dis “enlève ton pied”, je donne la possibilité à l’autre de s’ajuster, et si je suis respectée dans ma demande, alors je peux rester en lien avec l’autre, continuer à communiquer et dire ce qui se passe pour moi, sans me dissocier de l’expérience.
Il n’y a pas d’émotion négative, elles ont toute une utilité
Ma colère me permet de sentir quand mes limites ont été dépassées, ma tristesse et mes larmes me permettent de faire le deuil, d’accepter, de laisser s’écouler les douleurs, la peur me prévient d’un danger, me permet de me protéger. Toutes les émotions ont une utilité et me sont nécessaires, car elles me permettent de savoir ce qu’il se passe en moi, aucune n’est “négative” ou “positive”.
Le mouvement est médecine
Le mouvement nous relie à nos sensations, aux ressentis de notre corps. Plus je suis en mouvement, plus je peux me reconnecter à mon entièreté et laisser de côté les batailles mentales qui se jouent dans mon cerveau. J’ai vécu beaucoup de moments de danse libre, de marche, de course à pied où je donnais les pleins pouvoir à mon corps, je le laissais guider le mouvement. J’ai expérimenté que d’une certaine manière il savait faire, il savait comment réguler, expier, sortir ce qui me tourmentait ou me troublait. Là où mon cerveau ne savait plus quel fil tirer, quel noeuds faire ou défaire pour trouver de la clarté, mon corps lui savait.
Cela s’explique notamment par le fait que notre système nerveux peut se réguler par le mouvement et notre corps sécrète des hormones qui vont être en capacité de nous apaiser. A un niveau plus symbolique, descendre dans le corps c’est redonner un équilibre, si toute mon énergie est tournée vers le haut (la tête) alors il y a une forme de déséquilibre entre le haut et le bas, un trop plein qui m’empêche d’aller chercher dans mes ressources, revenir au corps c’est revenir vers la Terre, retrouver une forme d’alignement.
Une addiction ne se solutionne pas avec de la volonté
Les addictions sont régies par des mécanismes complexes, inconscients, qui visent à anesthésier, éteindre les sensations, les émotions. La substance ou l’activité addictive est un palliatif que l’inconscient a trouvé pour calmer quelque chose. Croire que l’on peut arrêter une addiction à la simple force de la volonté c’est comme croire qu’ un pompier va rester à regarder une maison brûler en espérant que le feu s’arrête tout seul. Et bien non, le pompier sait bien qu’il doit lancer des litres d’eau sur le feu pour l’éteindre, et comme le feu c’est dangereux, que votre système ne souhaite pas que toute la maison brûle, et bien c’est plus fort que lui il envoie de l’eau, même si à côté il y a quelqu’ un qui lui dit que c’est une mauvaise personne d’éteindre les feus comme ça avec de l’eau, lui n’écoutera rien et ira toujours éteindre le feu.
Prendre soin de soi, c’est comme se brosser les dents, il faut le faire régulièrement et pas une fois par semaine
Depuis plusieurs années je sais comment prendre soin de moi, je sais quelles sont les pratiques qui me font du bien et me ressourcent. Pourtant parfois j ’ai eu tendance à les oublier, à les mettre de côté, préférant allouer mon temps à d’autres activités. J’ai vite remarqué que je me sentais plus lourde, plus grognon, que les choses étaient moins fluides et une petite voix se disait “non mais ce n’est pas parce que je ne suis pas allé en forêt depuis 10 jours ou bien parce que j ai oublié de faire mes exercices de respiration ou sauté le footing les 3 dernières fois que ça ne va pas!” Et bien en fait 8 fois sur 10 si. Il me suffisait de reprendre une routine qui faisait du bien à mon corps pour que ça aille mieux. Et j ’ai trouvé cette image qui me parle beaucoup : c’est comme se brosser les dents, ou prendre une douche, ce n’est pas parce que je l’ai fait pendant des années et des années que je peux tout à coup décider d’arrêter, je devrai continuer à prendre soin de moi jusqu’à la fin de ma vie, comme de me faire à manger, comme dormir et tant d’autres choses qui sont nécessaires à mon bien-être physique et psychique.
J’ai le droit à l’erreur
L’erreur est humaine, l’erreur me permet d’apprendre, si je m’autorise les erreurs je m’autorise à grandir, à prendre conscience. Si j ’ai le droit de me tromper, alors j ’autorise l’autre aussi à en faire de même. L’important n’est pas quelle erreur je fais, mais ce que je décide de faire ensuite pour ne plus recommencer. Qu’est-ce que je peux comprendre ? Qu’est-ce que je peux faire/voir différemment ? Aucun.e de nous n’a appris à faire ses lacets du premier coup, il a fallut plusieurs essais, plusieurs erreurs avant d’y arriver, et encore plus avant d’en faire un automatisme. Que ce serait-il passé si les adultes autour de moi m’avaient jugé à chaque erreur lors de cet apprentissage ? Est ce que je peux être aussi indulgente et encourageante que je le serais avec un.e enfant qui apprend à lacer ses chaussures pour chaque nouvel apprentissage?
Et vous y a-t-il des apprentissages, des phrases qui vous accompagnent et ont été utiles à votre évolution ?